L’Intelligence Artificielle dans le Monde du Travail : Plusieurs Risques à Prendre en Compte
Une Révolution Silencieuse
Depuis que les modèles de langage avancés, tels que les LLM (Large Language Models), ont été mis à disposition du public, l’intelligence artificielle a commencé à s’intégrer discrètement dans le quotidien professionnel. La popularité de ces outils s’est amplifiée, notamment lorsque des professionnels comme Denis (prénom fictif pour des raisons de confidentialité) ont découvert le potentiel de ChatGPT à la fin de l’année 2022. Ce cadre en informatique a rapidement commencé à exploiter ce chatbot pour diverses tâches au travail, telles que la rédaction de courriels, la définition d’objectifs ou même l’évaluation de ses performances.
Un Usage Informel et ses Dangers
Cette adoption informelle de l’intelligence artificielle, souvent qualifiée de « shadow AI » ou « IA fantôme », présente des risques non négligeables. Claire Le Touzé, vice-présidente de l’association AvoSial, met en garde contre les dangers potentiels : alimenter ces outils avec des données sensibles peut entraîner des fuites, menaçant ainsi l’intégrité des affaires. Elle souligne également que les employés qui causent un préjudice en utilisant ces technologies pourraient faire face à des sanctions, allant d’un simple avertissement à un licenciement.
Interdire ou Encadrer l’Usage de l’IA ?
Face à cette situation, les équipes des ressources humaines envisagent parfois d’interdire l’utilisation de tels outils. Cependant, une telle approche semble dérisoire. Selon un rapport exhaustif de l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria), beaucoup de salariés continuent d’utiliser l’IA, souvent via des comptes personnels ou sur des appareils non surveillés. Une étude réalisée par l’IFOP pour Talan révèle que 37 % des utilisateurs d’IA générative en milieu professionnel agissent sans informer leur hiérarchie, un chiffre qui est probablement sous-estimé.
Transformer le Risque en Opportunité
Face à cette réalité, les entreprises commencent à adapter leurs stratégies. Laurence Breton-Kueny, vice-présidente de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), affirme que le shadow AI est désormais un phénomène inévitable. Néanmoins, elle insiste sur le fait que ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, à condition de mettre en place des mesures de sécurité appropriées pour encadrer son utilisation.
Source : www.lemonde.fr

